Loran Jacob

dessins, croquis, peintures, illustrations, images d'amygdales de loran jacob

A propos de l'auteur Loran Jacob

 

Quelques mots sur moi

Blog LORAN JACOB ILLUSTRATION, ranzojobillus.canalblog.com :

je suis l'auteur des illustrations, logos, pictos contenus dans ce blog. Tout ce qui s'y trouve est déjà publié ou exploité. Ce ne sont que des projets aboutis et finis, par conséquent aucune image, illustration, aucun logo ou picto de ce blog n'est libre de droit même si on m'en fait la demande.

Par contre, si vous avez un, ou des projets à me soumettre, n'hésitez pas à me contacter...


Blog LORAN JACOB, IMAGES D'AMYGDALES, ranzo.canalblog.com :

Je suis l'auteur de tout ce que contient ce Blog, Il est un brin chaotique, anarchique, car c'est pour moi une cour de récréation, c'est une sorte de cadavre exquis qui ne dit pas son nom...Les dessins, les croquis, les illustrations ou les peintures sont présentés ici sans souci de classement ou de cohérence. Je les poste comme on peut jouer aux dés, en ouvrant une page de carnet au hasard, en lançant une pierre en l'air, suivant mes humeurs aussi.
(Aucune de ces peintures ou images et aucun dessin n'est libre de droits. Par conséquent toute personne désirant les utiliser de quelque manière que ce soit, entièrement ou en partie, doit préalablement m'en faire la demande).



-Expositions personnelles :

2008 :
. "Animals", Schwarzen Kabinett, Rhenania Kunsthaus, Köln (Allemagne).
. Galerie 4 Barbiers, Nîmes.


-Expositions collectives :

2007 :
. « Autres de Barcelone », La Nouvelle Galerie, Bordeaux.
. « Llibre d’Autor », Olokuti, Barcelone (Espagne).
. « Carrément », Galerie 4 Barbiers, Nîmes.

2005/2006 :
. "Duo Nº5, C.I.A.C., Pont-Aven.

2005 :
. Galerie B, Pont-Aven.

2002 :
. La Friche, Douarnenez.

1993 :
. « 4.93 », Le Quartier, Quimper.

1992 :
. Galerie des beaux-arts, Utrecht (Hollande).


Le travail que je réalise part toujours d'une idée simple, toujours la même. Tout mon travail gravite autour de cette même idée, qui n'est pas forcément claire, que je ne peux nommer, mais qui reste viscéralement ancrée en moi, latente.
Avec le pinceau, le crayon ou d'autres moyens, je tourne autour de cette idée non révélée. Christian Boltanski a justement signalé ce fait; "L'artiste n'a qu'une seule idée en tête, consciente ou pas, et toute son oeuvre durant toute sa vie tourne autour de celle-ci, consciemment ou pas."

Le travail a déjà commencé quand j’apprête le support. Avec le pinceau, je le mesure d’une manière sensible ; je l’arpente, j’y place des repères, mon regard y chemine et y voit apparaître une multitude de possibles.
La plupart du temps, je mène de front plusieurs projets qui se répondent ou non, se croisent. Surfaces multiples, écrans multiples. Dislocations et focalisations ou fusion. C’est un rythme semblable à une respiration, simple et essentiel. C’est exactement ce que mon regard cherche à trouver sur la surface à peindre et sur celle qui est peinte.
En transe pratiquement, ma main continue de brosser la surface. Celle-ci devient l’écran où je projette et développe des images constituées de conjonctions, de dispersions et de combinaisons de langage.
Différents langages qui sont des signes, matières picturales, couleurs que je tente d’imbriquer, de dessiner ou de peindre ensemble sur le même plan.
Dans l’action, chaque coup de pinceaux apporte une réflexion qui va nourrir le suivant. Réflexion en forme de rhizome sur l’image peinte, de l’implication de celle-ci dans une réalité qui est différente pour chacun de nous, de mon implication propre à fabriquer ces images, qui est une manière pour moi de me mesurer au monde, et, d’en prendre une partie à l’intérieur de moi.



Le pot de miel de ma grand-mère.

Je me souviens très bien de ce moment. Je devais avoir onze ou douze ans. Je revois clairement comme nous étions assis autour de la table, avec au centre de celle-ci, un pot de miel. Ce pot de miel que ma grand-mère avait retrouvé dans son grenier et qui traînait dans un coin d’ombre depuis avant la guerre. Ce pot était fermé depuis au moins cinquante ans. Je n’avais aucune idée à cet âge-là de ce que sont cinquante années, mais j’ai dû penser aux Égyptiens et aux pyramides.
Nous nous sommes passés le pot de main en main, et j’ai bien regardé ce truc des momies que ma grand-mère se proposait d’ouvrir et de goûter avec nous.
Je crois me souvenir qu’on pouvait voir un mélange subtil de couleurs craquelées et translucides, des marrons de l’ambre et de l’or, disposées en strates géologiques et cela formait des cristaux venus de Lascaux.
Bon, je n’ai sûrement pas pensé à Lascaux à ce moment-là, car, à cette époque, j’étais seulement obsédé par l’Egypte et ces tombeaux enfouis ; je voulais être Egyptologue avant de vouloir être Archéologue. Je voulais explorer les pyramides parce que j’étais amoureux de Cléopâtre et de Néfertiti. Je voulais les sauver de ces affreuses momies. Quitte à perdre la vie, victime de la malédiction d’un pharaon jaloux.
J’ai donc bien regardé ces cristaux de miel et la lumière dans le pot. Ma grand-mère l’a ouvert avec difficulté, car il était bien fermé…Peut-être que nous allions mourir !…Nous y avons goûté chacun à la cuillère.
Et incroyable ! Je ne me souviens plus de la réaction de chacun des autres qui étaient là autour de la table, mais pour ma part, et ce souvenir est très clair ; j’ai mangé du temps !
Je me suis senti incroyablement perplexe, et j’ai réalisé qu’il se passait « quelque chose » d’extraordinaire en regardant ce pot de miel entamé
Quand j’ai commencé à peindre approximativement à l’age de douze ans, j’ai toujours eu en tête que peindre était une histoire du temps ; que, à chaque fois que je posais sur la feuille où la toile de la peinture, j’y emprisonnais mon geste, la pièce où je me trouvais, la maison dans laquelle se trouvait cette pièce jusqu’à la limite de mon univers d’alors. Un peu plus tard j’ai imaginé que mes pensées étaient également prises dans cette pâte, et aussi mes arrières pensés. Le souvenir du pot de miel de ma grand-mère m’est revenu en tête quand pour la première fois j’ai tenté de mettre des mots sur ce que je faisais, puis quand on m’a décrit une toile d’Anselm Kiefer qui représente l’intérieur d’un hangar vide. Je n’ai encore pas vu cette toile, mais ma peinture se situe exactement entre cette œuvre de Kiefer que je n’ai jamais vue et ce pot de miel.


Loran Jacob, le 25/01/2008, Berlin.